Immobilier : Le diagnostic « qualité du voisinage » nouveau coup de massue pour les propriétaires

Après le DPE (Diagnostic de performance énergétique), le plomb,

l’amiante, le métrage loi Boutin et autres ERNMT, voici le petit dernier

: le DQV. Ce diagnostic obligatoire, contraignant et coûteux imposerait

la présence d’un expert dans le logement audité pendant plusieurs jours.

Le DQV, Diagnostic Qualité du Voisinage serait d’après nos source le

prochain amendement à la loi Grenelle II. Après avoir agi sur tous les

leviers classiques pour tenter d’endiguer la crise de l’immobilier, le

gouvernement s’intéresserait désormais à des méthodes alternatives.

Les futurs voisins : une source de stress

S’appuyant sur une étude Européenne recensant les divers freins à

l’acquisition immobilière, les experts du Ministère de l’Egalité des

territoires et du Logement ont déterminé que l’incertitude sur la nature

du voisinage était le seul aspect jusque là négligé sur lequel il était

possible d’agir. Leur conclusion : pour rassurer un acquéreur potentiel

il faut lui fournir une évaluation objective et impartiale de ses futurs

voisins.

A quoi ressemblera concrètement le DQV ? Ces quelques extraits de la

première version de l’amendement en donnent une idée :

« La durée du diagnostic est comprise entre 48 heures (zones A et B) et

72 heures (zones C) »

« L’Expert Mandaté doit résider dans l’enceinte du Logement pendant

l’intégralité du D.Q.V »

« Le propriétaire ou locataire du Logement doit subvenir aux Besoins

Normaux (voir article 4.6.2) de l’Expert Mandaté »

« Les Réactions du Voisinage Immédiat (annexe B.4) doivent être évaluées

selon les 3 types de stimuli retenus : nuisances sonores, nuisances

vibratoires & nuisances odorifiques. »

« La période choisie pour le D.Q.V. doit obligatoirement inclure un jour

de semaine et un jour de week-end. »

Un diagnostic de trop ?

Le coût du DQV évoluerait selon nos estimations entre 150€ pour une

ferme isolée et 700€ pour un voisinage complexe. Les Français sont-ils

prêt à accueillir cette n-ième dépense forcée ? Selon Léa

Marcoux-Lanvin, sociologue de l’immobilier, la réponse est clairement

non : « Psychologiquement, le propriétaire français se perçoit déjà comme

une vache à lait, si je puis dire; Je pense que ce diagnostic, par son

caractère intrusif sera source de ressentiment envers le gouvernement

actuel. Cela dit, je pense que l’idée est pertinente, la cohabitation

mitoyenne est un problème sous-estimé de tous, sauf de ceux qui savent

ce qu’est un vrai conflit de voisinage. ».

C’est donc un tout nouveau métier qui résulterait de l’adoption de

l’amendement. Pour Corentin Le Chanois, auto-entrepreneur dans le

diagnostic énergétique, la reconvertion professionnelle est

inenvisageable : « Aller chez les gens ? Dormir chez eux, avec leurs

gamins, leur chien.. tout ça pour écouter si les voisins font du bruits

? C’est ridicule. En tout cas moi je n’accepterai jamais qu’un mec

viennent squatter mon appart, qu’il reste avec ma femme toute la journée

pendant que je suis au boulot, jamais ».

Si l’idée paraît farfelue, c’est la seule que le ministère ait pour

l’instant retenue; l’idée de l’auto-évaluation ayant rapidement été

abandonnée. Doit-on s’attendre à devoir accueillir un « Expert Mandaté »

sous notre toît ? Rassurons-nous, un article de l’amendement précise que

« la présence du propriétaire ou locataire lors du passage du D.Q.V. est

recommandée mais facultative ».

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